L’atlantique est mon désert, Jean François Deniau

9 septembre 2011 at 17 h 47 min 2 commentaires

 

Je vais supprimer mon blog « littéraire » que je n’utilise plus, mais avant je transfère les articles que je ne veux pas perdre, dont celui-ci qui vous parle de mon livre de chevet. Je m’excuse d’avance auprès des personnes qui lisaient aussi l’autre blog et qui connaissent déjà cet article.

Je ne lis pas que des polars. Je vous présente mon livre de chevet, du moins mon livre de chevet dans les mauvais moments.

Je suis une grande admiratrice des livres de Jean François Deniau, ce que vous savez déjà déjà puisque j’ai réalisé un savon hommage  nommé Tadjoura d’après le titre d’un de ses romans. Si j’ai lu pratiquement tous les livres de Deniau (je ne pousse pas l’admiration jusqu’à me plonger dans ses ouvrages techniques consacrés au marché commun en 1957 ou au traité Euratom en 1958), ce petit livre a une valeur toute particulière pour moi.

Son oeuvre se divise en écrits autobiographiques et ouvrages de fiction. Je ne résisterai sans doute pas au plaisir de vous parler de ses romans un autre jour, mais parlons de ses textes autobiographiques  aujourd’hui si vous le voulez bien.

Il a publié ses mémoires en trois volumes dans les années  1990 à 2006,  mais ce petit livre sorti en 1996 occupe une place à part dans son oeuvre. Il y raconte la galère traversée  durant l’été et l’automne  1995.

Le livre commence sur un beau jour d’été. Le Figaro lui propose de partir faire un reportage sur les traces d’un héros littéraire qui a compté dans sa vie. Il choisit Lord Jim de Conrad, mais le magazine n’accepte pas qu’il aille faire un reprotage sur la côte est de Bornéo. Deniau se rabat donc sur Fabrice del Dongo, le héros de la chartreuse de Parme de Stendhal. Il part donc pour un voyage en Italie (lac de Côme, Milan et Parme) et à Waterloo, raisonnable, non? Mais on ne suit pas un héros de roman qui s’est voué au coeur, rien qu’au coeur sans danger. Et la crise cardiaque de terrasser notre héros sur une autoroute italienne. Il pense sa dernière heure arrivée, mais finalement les secours arrivent à temps et le voilà rapatrié d’urgence à Paris.

Comnence alors un été de calvaire passé à lutter contre la mort puis à réapprendre les gestes essentiels de la vie courante.  Au fond du trou, il se fait la promesse que s’il s’en sort il traversera encore une fois l’Atlantique à la voile.

Il se remet lentement et prépare son voyage. Sa santé est trop fragile pour qu’il puisse réaliser son projet tout seul et il embarque finalement le 11 novembre 1995 en compagnie de Nicolas Hénard, double champion olympique de voile. Le voyage est est prétexte à revisiter les épisodes marquants de sa vie et à de magnifiques descriptions marines dans la veine de La mer est ronde. Ses lecteurs fidèles se retrouvent en  terrain connu et comme il le dit dans  la lune et le miroir, si entendre une nouvelle histoire est une joie, réentendre une histoire qu’on connaît déjà et qu’on aime est un vrai bonheur.

Ce  livre est une petite merveille, la musique des mots y est exquise comme dans tous les ouvrages de Deniau et les lecteurs fidèles de son oeuvre sont en terrain connu, comme des enfants qui aiment à entendre la même histoire avant de s’endormir. D’ailleurs ces répétitions sont typiques de l’oeuvre de Deniau, on trouve plusieurs fois les mêmes anecdotes dans des contextes variés, ce sont des épisodes autobiographiques qu’il reprend dans ses romans. Mais surtout ce livre est une formidable leçon de vie et de courage, un livre qu’on pourrait résumer par une citation de l’auteur: « Si l’espoir est un pourcentage mathématique, l’espérance est une vertu ». Une leçon d’espérance donc.

Ce livre m’a accompagnée dans tous mes mauvais moments depuis près de 15 ans. Et si par chance, je n’ai pas remis le nez dedans depuis plus d’un an, je l’ai toujours à portée de main. J’y ai aussi trouvé la sérénité qui m’a permis de prendre certaines décisions pas faciles. Si j’aime tous les livres de Deniau, d’ailleurs la photo qui illustre la bannière de mes deux blogs est celle de la page d’entrée de son site, ce livre-là a une place toute particulière dans mon coeur. Je l’ai souvent offert à des amies qui traversaient une mauvaise passe.

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2 commentaires Add your own

  • 1. La chuchoteuse  |  10 septembre 2011 à 21 h 52 min

    Tu as fait le bon choix ! J’appréciais aussi beaucoup cet homme au si magnifique courage .
    Eclate-toi avec tes pinceaux encore et encore .
    Merci pour tes si gentils com .
    Bises à toi .

    Réponse
  • 2. Irène  |  13 septembre 2011 à 17 h 12 min

    Merci pour m’avoir fait découvrir ce livr exceptionnel
    Je t’embrasse

    Réponse

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