Invitation pour la petite fille qui parle au vent, de Sébastien Fritsch

14 octobre 2011 at 7 h 12 min 2 commentaires

Dans le cadre du forum vendredi lecture , j’ai participé à un partenariat. J’ai reçu ce livre et je me suis engagée à le lire et le chroniquer dans le mois suivant sa réception. Je participe aussi à un autre partenariat et je vous parlerai de cet autre ouvrage d’ici le premier novembre comme je m’y suis engagée.

La participation à ce forum est très stimulante et me pousse à lire autre chose que des polars, même si je n’ai pas toujours lu ce style de livres, mais j’y ai pris goût depuis quelques années.

J’ai reçu ce livre de l’auteur avec une gentille dédicace qui m’a fait très plaisir.  J’aurais bien voulu vous dire que j’ai adoré ce livre, que c’est une merveille absolue, mais je tiens à rester moi-même et honnête avec mes lectrices. Je suis tout à fait consciente du travail accompli par l’auteur et je serais bien incapable d’écrire un roman, donc même s’il m’a plu moyennement, je m’incline devant la somme de travail que réprésente l’écriture d’un roman de près de 300 pages.

Ce livre suit différents personnages des années 1950 à nos jours, il est principalement centré sur le Thomas Couderc, médecin légiste à Nancy et sur sa famille.

Je vous parlerai d’abord de ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre, c’est la richesse de la langue. Fritch emploie un français impeccable, des mots peu usités et de longues phrases pleine de poésie. Il fait chanter les mots comme rarement de nos jours. Et j’ai adoré cette poésie, cette richesse, cette musicalité des phrases. J’y ai vu une sorte de poème en prose qui m’a vraiment enchantée. Je vous en donne un exemple:  Alice décrit ainsi le jardin public près duquel elle habite et quelle aime particulièrement:  » Elle l’aimait le soir et elle aimait aussi ses murmures nocturnes. Mais elle l’aimait tout autant dans la vive lumière du jour, quand enfants à vélo, amoureux enlacés et anciens pleins de verve animaient ses allées courbes, ses pelouses et ses bancs. (….) »(p.178). Cette magnifique description continue sur près d’une page et c’est un enchantement de découvrir ce parc, j’ai eu envie d’aller visiter Nancy en écoutant la musique de ces phrases. Et ces passages poétiques sont très nombreux dans le livre.

Parlons ce que j’ai moins aimé, c’est la narration. J’ai eu l’impression de lire un nouveau roman (La modification de Butor, ça ne vous dit rien? pour moi ce sont des souvenirs du Gymnase , nom suisse du lycée).

Les 100 premières pages, je n’ai vraiment pas accroché. La chronologie est bousculée, on est tantôt dans les années 50 dans l’enfance abandonnée de Thomas, tantôt dans sa vie à Nancy dans les années 80 ou en Afrique avec sa fille Salomé de nos jours. Ces continuels allers-retour entre les différentes époques de la vie de Thomas m’ont dérangée pour trouver une cohérence dans le récit, je ne voyais pas où l’auteur voulait m’entraîner.

Depuis la page 100 et jusqu’à environ la 200ième, j’ai commencé à me prendre au jeu et à trouver un intérêt dans ce récit toujours aussi hâché, mais qui prend forme petit à petit. Dès la page 200, j’étais conquise et j’ai fini par assembler tous ces fragments disparates.

J’ai fini par comprendre que le roman tourne autour de l’absence, d’abord absence de  parents pour Thomas qui est orphelin depuis tout petit, puis sa famille s’organise autour de l’absence d’Estelle, le fille aînée qui est partie à Londres avec son amoureux dès sa majorité. Cette absence ronge les parents et les deux soeurs d’Estelle.

Le livre se referme sur les éventuelles retrouvailles de la famille. Estelle est revenue glisser une carte sous  la porte de sa soeur Clara, qui revient à ce moment-là . Estelle est en moto et Clara en voiture, elles sont stoppées par un feu rouge, elles se reconnaissent et le roman s’arrête sur l’incertitude qui étreint Clara, Estelle va-t’elle reprendre sa place dans la famille ou continuer à être l’Absente si présente?

C’est aussi dans les dernières pages que l’on comprend le sens du titre du livre et son rapport avec la vie de Thomas Couderc.

Donc si j’ai vraiment beaucoup aimé la langue poétique de ce roman, j’ai eu plus de mal avec son contenu. Il faudrait sans doute le relire et je pense qu’en connaissant la fin, on comprendrait mieux tous les flottements du débuts.

Mais je sais que mon avis est très subjectif. Je suis aussi influencée par les nombreux polars anglais et américains que j’ai lus ces 2 dernières années,  je suis donc habituée à des livres où l’on accroche très vite. J’ai trouvé le premier tiers de ce roman vraiment long et pas palpitant du tout.

Ceci dit je remercie l’auteur de m’avoir offert son livre et je suis impatiente de voir l’avis des autres lecteurs et lectrices car nous ouvrons un sujet de discussion sur cet ouvrage aujourd’hui même dans le forum.

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2 commentaires Add your own

  • 1. Flocréa  |  14 octobre 2011 à 19 h 48 min

    tu ne saurais pas écrire un livre mais tu es une excellente critique ..sincère qui aime ce qu’elle fait est surtout même si tu n’es pas forcément emballé tu as le respect du travail

    j’ai adoré te lire de gros bisous et très bon week

    Réponse
  • 2. hylyirio  |  17 octobre 2011 à 8 h 04 min

    Je dois avouer que ce livre ne me tente pas trop 😦

    Réponse

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