Meurtre en sérail, de Charaf Abdessemed

6 novembre 2011 at 22 h 53 min 3 commentaires

Encore un article transféré de mon blog littéraire supprimé

En attendant d’avoir l’immense plaisir de découvrir le dernier opus des aventures de Pendergast, je dois bien m’occuper et j’ai trouvé ce livre de Charaf Abdemessed, un jeune auteur algérien.

Il s’agit d’un polar. Bien que son titre soit très explicite, il ne s’agit pas d’un simple polar, mais plutôt d’un prétexte pour nous raconter la vie quotidienne à Alger il y a une dizaine d’années.

Nous visitons la ville avec le héros, un médecin légiste à l’hôpital public d’Alger. La femme d’un dignitaire du régime est assassinée et Farid est chargé de l’autopsie sous la surveillance d’un policier. Il ne s’agit surtout pas de découvrir la vérité mais juste de signer le permis d’inhumer avec une mort naturelle, ce qui n’est évidemment pas vrai. Dans un premier temps, Farid cède aux pressions et s’exécute, mais lorqu’un nouveau meurtre est commis, il ne résiste pas à la tentation de mener une vraie enquête. Il se lie d’amitié avec le policier en charge du dossier et tous deux décident de découvrir la vérité malgré les obstacles et les intimidations.

Ce livre ne ressemble pas du tout aux thrillers américains que j’affectionne où l’enquête est le centre et le but du roman. Il s’agit ici vraiment d’un témoignage romancé sur la réalité quotidienne de la vie algéroise. Les habitants sont confrontés à la crise économique, au terrorisme islamique, à la tentation du fondamentalisme et à un régime corrompu. Ils sont surtout désenchantés et ne croient plus à l’avenir. Les vieux héros de la Révolution et de la guerre contre la France sont devenus des vieillards arrogants qui profitent de leurs avantages malgré leur incompétence notoire, les jeunes n’ont pas d’avenir et rêvent d’émigrer.

Le héros du roman est bien loin de son « collègue » Rieux, lui aussi médecin algérois d’un livre célèbre, mais tous deux partagent une certaine forme de désespoir. Ce livre nous montre Alger atteinte par une  forme de peste plus sournoise. Il vaut largement le détour. Et le coupable surprendra plus d’un lecteur.

L’idée d’utiliser le polar pour parler de la vie quotidienne est très intéressante. On ne trouve aucun super héros dans ce livre, mais sûrement des Algérois que l’on pourrait croiser dans la rue.

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3 commentaires Add your own

  • 1. cocole  |  8 novembre 2011 à 8 h 09 min

    ce livre à l’air bien intéressant !merci !

    Réponse
  • 2. Flocréa  |  8 novembre 2011 à 19 h 55 min

    voilà un livre qui me tente bien !!! merci de ce partage et de gros bisous

    Réponse
  • 3. Malivoyage  |  9 novembre 2011 à 10 h 01 min

    tu m’as donné envie de le lire, celui-ci aussi…
    Bises à toi

    Réponse

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