Chroniques parisiennes

23 décembre 2011 at 2 h 00 min 9 commentaires

Il y a un bon bout de temps que je n’ai rien publié sur le blog pour cause de marchés de Noël, puis de vacances.

Je suis allée en séjour chez mon amie Maria durant une petite semaine. J’ai eu la chance de faire la connaissance de Jane, une personne vraiment formidable avec qui j’ai eu beaucoup d’atomes crochus. Nous avons pu notamment échanger sur la peinture qui est une de mes passions. Je compte retourner à Paris dans 6 mois environ si possible.

Mais avant de repartir, il a fallu revenir et ce ne fut pas de tout repos.

Moi qui croyais que la période de Noël était propice à la spiritualité et à la paix, je suis tombée de haut. Ce n’est pas mon premier séjour à Paris et de loin, je dois bien y être allée une vingtaine de fois si ce n’est plus au cours des 30 dernières années. Mais c’est la première fois que j’ai vu et vécu une telle pagaille au départ du TGV. Dès que la voie a été affichée dans le hall de la gare de Lyon, soit 20 minutes avant le départ, les gens se sont précipités sur le quai, jusque là, rien que de très normal. Là où les choses se sont gâtées c’est au moment d’accéder aux wagons, les gens se bousculaient de façon méchante et agressive, pas une de ces bousculades accidentelles due à la foule, mais on aurait pu croire que le premier monté à bord se verrait rembourser le prix de son billet. Je trouvais cela ridicule étant donné que nos places sont réservées et qu’on a 20 minutes pour s’installer avant le départ.

Quand je rangeais ma (très) grosse valise dans le porte bagage à l’entrée du wagon, un homme voulait faire de même et comme il trouvait que je ne faisais pas assez vite, au lieu de m’aider comme un gentilhomme il m’a poussée brutalement contre les autres valises, tant et si bien que j’étais presque à plat ventre dans le porte bagage, ce qui n’a pas contribué à accélérer le mouvement.

Ensuite je me suis installée à ma place et quelques minutes après une femme est arrivée comme une furie en prétendant que c’était sa place. J’ai sorti mon billet pour lui prouver le contraire. La furie a « pété les plombs » comme on dit, ce qui m’a valu une grêle de coups de poings. Je lui ai dis de se calmer et j’ai choisi de ne pas répondre malgré l’envie qui me démangeait car la colère est mauvaise conseillère et je savais avoir la force de lui faire vraiment mal ( et j’avoue en avoir eu très envie sur le moment). En fait elle s’était trompé de wagon et est repartie comme elle est venue. Bien sûr mes voisins ont regardé le spectacle sans intervenir, y compris les hommes jeunes qui n’aurait fait qu’une bouchée de cette furie, même si j’ai une carrure à pouvoir me défendre toute seule.

Je suis rentrée avec quelques bleus et surtout interpellée par ces scènes de violence gratuite qui me paraissent symptomatiques de notre société en crise et pas seulement sur le plan économique… du moins la crise économique n’est que la pointe de l’iceberg. Je ne sais pas ce que ces gens fuyaient pour être excités à ce point, peut être eux mêmes après tout, on aurait cru qu’il s’agissait du dernier train pour fuir une ville assiégée. Le train est parti avec 20 minutes de retard, ce qui n’a pas contribué à calmer les gens. Heureusement au bout d’un certain temps les tensions se sont apaisées. Ceci ne m’a pas empêché de faire un bon voyage moitié somnolant, moitié lisant un merveilleux roman d’Hermann Hesse dont je ne manquerai pas de vous parler prochainement.

La veille de ce départ mouvementé je suis allée chez la coiffeuse avec Maria. Comme ma coupe a été plus rapide que celle de mon amie, j’ai eu le temps de lire un article du magazine Psychologie consacré à la crise du milieu de la vie. Là aussi je suis tombée des nues: j’ai appris dans cette revue qu’on traverse la pire crise de sa vie entre 45 et 55 ans, que c’est le moment où l’on est le plus mal psychologiquement et où l’on a le plus grand risque de suicide. La journaliste expliquait que jusque vers 45 ans environ on se construit vers l’extérieur, c’est à dire que notre vie est axée sur la réussite sociale, la famille,etc, bref notre moi extérieur. Puis un beau jour – ou plutôt un affreux jour selon le journal! -on s’aperçoit que cela ne remplit pas toute nos attentes et on se retrouve face à un vide insurmontable qui va déclencher la pire crise de notre vie, avant de retrouver une certaine sérénité après 55 ans une fois qu’on aura trouvé des valeurs intérieures. La journaliste conseille aussi de ne pas étouffer complètement ces aspirations sous les antidépresseurs.

Je ne sais pas à qui s’adresse ce genre de publication, sûrement à des personnes habituées à couper les cheveux en 4 et qui n’ont rien d’autre à faire dans la vie que de se regarder le nombril.

Il y a quelques années que je sais que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, que tous les boulots ont des avantages et des inconvénients, qu’il faut développer nos aspirations profondes et que l’être prime sur le paraître. Beaucoup de gens partagent ce point de vue et parmi mes amies ou collègues, je ne vois aucune trace de cette terrible crise.

Quant à la pilule du bonheur je sais depuis l’adolescence, en bonne lectrice de Sartre, Kierkegaard et quelques autres, que « l’angoisse est le vertige de la liberté » et « le désespoir le moteur de la vie spirituelle ». Je crois que  ces auteurs valent toutes les cures de Prozac ou autre cochonneries chimiques du monde. Je rassure tout de suite les personnes qui ne connaîtraient pas Kierkegaard, le désespoir dont il parle n’est pas de nature à se jeter sous le premier TGV venu, mais à avancer dans la vie en se posant les bonnes questions.

Et pour d’éventuelles lectrices complexées ou peu sûre d’elle–même, je vous propose de partager le conseil de Brel qui a dit dans une interwiew que le talent c’est d’avoir envie de faire quelque chose. Il affirme que si un homme a envie de manger un homard, il a le talent de manger un homard (drôle d’exemple d’ailleurs!). Mais on peu l’appliquer à nos savons, nos projets, nos peintures etc.

Ainsi au lieu d’être les malheureuses victimes de la plus grande crise de notre existence, soyons des filles pleines de talents, c’est meilleur pour le moral.

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La vitre brisée de Jeffery Deaver Demian, de Hermann Hesse

9 commentaires Add your own

  • 1. cannella  |  23 décembre 2011 à 4 h 14 min

    Superbe ton article ! Il me plait beaucoup car il est vrai et sage … Plein de bisous ma Pat ♥

    Répondre
  • 2. Fafa  |  23 décembre 2011 à 9 h 44 min

    Canella a bien raison ma Pat, c’est bien toi ce post, tout toi, et ça me plaît…. merci et bisous….

    Répondre
  • 3. Malivoyage  |  23 décembre 2011 à 9 h 45 min

    Encore une fois, nous, les français (et je n’ai vraiment pas envie de mettre une majuscule!) ne brillons ni par notre discipline, ni par notre politesse, pour ne pas dire la simple mesure du bon sens… J’espère que le reste de ton séjour te fera vite oublier cette attitude honteuse. Les français sont très conservateurs et jaloux de leurs privilèges, les vacances font partie des choses « sacrées », il ne faut pas les « rater » (c’est trop la honte, diraient les ados).
    La « crise de milieu de vie » est une réalité, mais elle est plus dure qu’un simple passage psychologique , notamment pour les gens qui ont la cinquantaine, sont débarqués de leur entreprise et s’entendent dire qu’ils sont « trop vieux » à chaque nouvelle candidature, alors qu’ils ne se sentent nullement « vieux » et qu’ils ont des projets, des envies, le besoin de servir… et on leur refuse!
    Je pense que ça arrive quand on voit sa vie changer et qu’on a peur de l’inconnu, ce qui nous reste, c’est « soi » et si on n’a pas pris soin de « soi » pendant toutes ces années, on se retrouve avec un « soi » vide et sans valeur à ses propres yeux.
    Longue réponse, désolée.
    Plein de bises affectueuses

    Répondre
    • 4. jeanne  |  23 décembre 2011 à 13 h 44 min

      Bonjour, je découvre ce blog et cette aventure décrite avec talent et humour. Mais c’est tout faux !!!!Je suis parisienne depuis…
      toujours et je refuse ces clichés. Je prends aussi le train, qui a parfois du retard, je ne me trompe jamais de place, mais suis parfois agressée par des cervelles de moineau qui se trompent de jour, de wagon, de classe, oui je voyage en 1ère cl. Je ne discute pas avec eux, je leur demande de regarder leur billet et là ils s’évanouissent dans la nature.
      La vie n’est pas plus « cool » ailleurs, je ne sais d’ailleurs d’où tu viens. Mais la vie est ce que nous en faisons, pourquoi toujours accabler les autres. C’est comme ceux qui disent du mal de leurs parents, ils seront les mêmes, alors silence !
      J’aimerais que nous soyons ensemble pour prendre un café, je suis sûre que notre discussion serait sympathique. Difficile de s’exprimer ainsi en 3 (voire plus)lignes. A bientôt peut-être,

      Jeanne

      Répondre
  • 5. jeanne  |  23 décembre 2011 à 13 h 55 min

    Je complète mon pavé, je crois voir que tu es de Neuchatel, en Suisse ???
    Vacances d’enfant à la Chaux de Fond chez ma marraine.J’ai encore dans la bouche le goût des croissants avec une épice dont je ne sais plus le nom…mais que je vois, brune et sirupeuse ???

    Je revenais avec l’accccent, ce qui agaçait mon frère et ma soeur.

    J’aimerais y retourner, mais ce que je vois sur Internet de cette ville briserait mes souvenirs, je crois !!!

    Nous allions à Yverdon, au bord du lac le dimanche.

    Nostalgie, nostalgie.

    Répondre
  • 6. Solange  |  23 décembre 2011 à 16 h 53 min

    J’ai bien aimé ton article, des crises il peut y en avoir à tous les âges, comme on peut très bien faire sa vie sans. Je te souhaite de belles fêtes, bises.

    Répondre
  • 7. Flocréa  |  23 décembre 2011 à 19 h 02 min

    Tu as écris un super article que j’ai adoré lire…bon pour tes mésaventures cela à du être quelque chose c’est certain…mais je retiens que tu as retrouvé une amie, et fait la connaissance d’une autre ce qui a été un plaisir alors je retiendrais ce beau moment…quant à la crise …on la fait à tout âge je trouve , a une prise de conscience….a nous et à nous seuls d’en trouver le moyen de la traverser en grandissant….

    De gros bisous Patricia, de très belles fêtes de fin d’année à toi

    Répondre
  • 8. Zsa Zsa  |  23 décembre 2011 à 19 h 43 min

    ca me fait bien plaisir de te lire, mais ton article me fait frémir! je ne comprend pas du tout de tel type de comportement, mais ça devient presque quotidien…..Et pour ce qui est de la crise des 45 ans, et bien je suis rassurée, car comme toi, je sais bien ce qu’il en est, l’extérieur n’est que fantasme, seul l’intérieur est réel.
    je t’embrasse bien fort et merci pour ce beau moment!

    Répondre
  • 9. Transall  |  4 janvier 2012 à 0 h 31 min

    Bonjour,
    Ah les voyages… l’occasion rêvée de cotoyer l’amabilité de nos congénères, la zénitude de l’homo sapiens dit erectus les jours de grandes transhumances.
    Bon, un peu plus sérieusement, il est vrai que l’on croise des imbéciles à Paris en général, dans le TGV en particulier, mais l’ânerie est un défaut, hélas, plutôt équitablement réparti sur cette planète et j’ai pu croiser quelques touristes « étrangers » en guoguette dans notre douce France qui n’étaient pas piqués de hannetons non plus.
    Les parisiens sont gens stressés de nature et rien ne les agace plus que ceux qui restent stoïques devant leurs gesticulations. Croyez-moi, natif du sud-ouest et vivant en région parisienne depuis plus de vingt ans j’ai eu tout loisir de les examiner à la loupe. Un cas d’école, je vous le dis…
    Quant à la pilule du bonheur, diantre, si on peut se passer d’expédient chimique pour apprécier les choses ce n’en est que mieux. La cinquantaine bien installée, il y a longtemps que je suis passé en mode contemplatif et ai pris suffisamment de recul sur les choses qui m’entourent pour ne pas me poser trop de questions métaphysiques. Apprécions ce qu’on a, ce sera déjà un grand pas de fait…
    En résumé, j’ai apprécié le style de votre billet. Continuez dans cette voie, elle est fort réjouissante.

    Répondre

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