Le Golem d’Isaac Bashevis Singer

2 mars 2012 at 6 h 21 min 4 commentaires

J’aime beaucoup cet auteur, né en 1902 à Varsovie et mort à Miami en 1991. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1978 pour son oeuvre écrite en yiddish. Je n’aime pas les challenges et autres défis, mais lorsque j’ai vu que Mazel organisait une lecture commune de ce petit livre dans le cadre de son challenge littérature juive, je n’ai pas résisté. En plus il s’agit vraiment d’un petit livre de 77  pages.

Singer a écrit des romans, des nouvelles et des contes pour les enfants, le Golem appartient à cette dernière catégorie.

L’auteur nous raconte une légende traditionnelle de la culture yiddish, dont le héros est Rabbi Leib, (ou Loew selon une autre orthographe)  le Maharal de Prague.  Singer en fait un conte très touchant où il dénonce les injustices et les persécutions subies par la communauté juive à la fin du 16 ème siècle. Rabbi Leib (1512-1609)  est un des plus importants  penseurs du judaïsme de cette époque, la légende du Golem lui est liée.

Un comte perd sa fortune au jeu et veut faire un emprunt au banquier Eliezer Polner, mais celui-ci refuse car le comte lui doit déjà beaucoup d’argent et est insolvable. Le comte se venge en l’accusant du meurtre rituel de sa fille, la petite Hanka.

Rabbi Leib est désespéré de voir une nouvelle fois un juif accusé à tort et craint de nouvelles persécutions contre sa communauté. Alors qu’il prie, un messager divin lui dit de créer un golem qui aidera les Juifs. Il façonne donc un géant avec de l’argile et de la terre glaise, puis lui donne vie en gravant le nom divin sur son front.

Il lui ordonne de retrouver la petite fille, ce que le Golem réussit sans difficulté, le comte est confondu et le banquier innocenté.

La femme du Rabbi le persuade de demander au Golem de l’aider à déterrer un vieux trésor enfoui dans le jardin, afin de porter secours aux pauvres. Le Golem refuse, mais à partir de ce moment, Rabbi Leib perd le contrôle sur sa créature qui n’en fait qu’à sa tête, il tombera même amoureux d’une jeune fille.

Au début le style de ce conte m’a vraiment déroutée, nous sommes  dans une écriture très simple destinée à des enfants, mais on se laisse peu à peu emporté par cette histoire qui dit que Dieu protège son peuple et ne laisse pas n’importe quelle injustice se commettre. C’est aussi un hymne à l’amour avec ce Golem amoureux de la jeune Myriam, qui se jettera dans la rivière à la mort de son ami d’argile.

Nous ne sommes pas dans une histoire horrible ou macabre, comme ce pourrait être le cas avec un géant d’argile doué de vie, mais dans un conte plein de fraîcheur et de tendresse.

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4 commentaires Add your own

  • 1. claude  |  2 mars 2012 à 8 h 45 min

    jamais rien lu de cet auteur !! par contre ce petit livre m’intéresse. est ce que tu pourrais me le prêter ? à moins qu’il ne soit pas à toi évidemment.
    c’était une super bonne journée hier !!!
    j’espère que tu as pu bien dormir et récupérer un peu !
    bonne journée et gros bisous

    Répondre
  • 2. La chuchoteuse  |  2 mars 2012 à 14 h 36 min

    Coucou Pat !
    Merci de ta fidélité . Je viens de lire ton article sur Isaac B. Singer . Il y avait bien longtemps que je n’avais pas entendu parler de lui , malgré son Prix Nobel ! Heureusement que des personnes comme toi nous le rappellent ! J »ai lu pas mal de cet auteur quand je vivais aux Etats Unis , mais je crois que celui-là m’a échappé …
    Bravo pour ton travail de critique littéraire . Je comprends que cela te passionne ! Quand j’habitais en Provence , J’ai fait partie du comité de lecture d’ Actes Sud , section Littérature Américaine et j’adorais recevoir ces livres neufs non encore traduits et pour lesquels nous faisions des fiches de lecture avant éventuelle traduction . Je te souhaite donc très bonne continuation dans tes travaux divers .
    Bises à toi .

    Répondre
  • 3. mlk  |  4 mars 2012 à 10 h 28 min

    j’aime beaucoup, bien souvent des atmosphères très poétiques, mais aussi comment dire « philosophiques » dans l’humour
    C’est un monde disparu dont parle cet écrivain, fait de questionnements
    Cela fais si longtemps que je l’ai lu, vers mes 20 ans, c’est te dire
    amené à cela par mon premier vrai fiancé, un juif belge
    Tu m’en redonnes le goût

    Répondre
  • 4. Transall  |  4 mars 2012 à 18 h 47 min

    Bonjour,
    J’avoue hélas être par nature peu réceptif à ce genre de récit, ce qui n’enlève rien à ses qualités intrinsèques, bien évidemment.
    Mea culpa, donc, mais côté lecture je me cantonne aux policiers et suis doté d’énormes oeillères pour changer de mode de fonctionnement en ce domaine.
    Trop tard pour se refaire…
    Amitiés.

    Répondre

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