Kabylie twist, de Lilian Bathelot

17 avril 2012 at 6 h 26 min 1 commentaire

La vie de chroniqueuse est pleine de surprises et de découvertes. Parfois ennuyeuses, ainsi je me suis rendu compte que je ne croche vraiment pas à la poésie, en chroniquant 2 recueils récemment, dont un de Rimbaud. Cet auteur ne m’avait pas laissé de mauvais souvenirs, mais là j’ai eu bien de la peine à arriver au bout du livre.

Aujourd’hui, je viens partager une magnifique découverte.

Le livre commence en été 1960 et se termine à l’automne 1962. Sylvie, Michel et Richard, Ricky de son nom de scène, sont 3 jeunes Français de 20 ans qui vivent pleinement leur jeunesse en Provence. Batteur d’un groupe pop Ricky rêve de devenir une vedette. Il est fiancé avec Sylvie, la fille d’un riche entrepreneur de la région.

Lopez (dont nous ignorons le prénom), aussi âgé de 20 ans devient inspecteur de police à Oran, car à ce moment-là il suffit d’avoir son bac pour être engagé comme inspecteur. A Djidjelli, une ville voisine de Constantine, le vie s’écoule tranquillement. Nous faisons connaissance avec monsieur Germain, l’instituteur de gauche, Claveline,  petite fille de la vendeuse de journaux, une adolescente de 15 ans qui aime les romans feuilleton et Najib, un jeune Arabe de 14 ans abandonné par sa famille dont Monsieur Germain s’est occupé.

Ce qu’on appelait pudiquement « les évènements d’Algérie » vient bouleverser la vie de tous ces personnages, leurs destins se croisent dans ce pays. Le livre est découpé en chapitres courts qui suivent l’un des personnages en particulier. Ce découpage très cinématographique nous permet de suivre les évènements en adoptant le point de vue de chaque personnage à tout de rôle, nous suivons leur évolution. Ce sont des adolescents rêveurs à l’été 1960 qui deviennent adultes au cours des de ces 2 ans de vie.

L’auteur ne prend pas parti et démontre que les torts sont partagés, que des horreurs innommables ont été perpétrées par les deux camps. L’innocence est la première victime de la guerre.  Les scènes de bataille sont brèves, ce n’est pas un livre de guerre. Celle-ci est larvée, et une partie du pays continue à vivre comme si rien ne se passait.

Les personnages sont très attachants et positifs, la fin  très belle et optimiste.  J’ai aussi beaucoup aimé l’annexe d’une dizaine de pages à la fin du roman qui résume l’histoire de l’Algérie de 1750 à 1962 et apporte un tout autre éclairage sur la guerre d’Algérie. Je croyais qu’elle avait commencé en 1954 lors de la Toussaint sanglante pour se terminer par les accords d’Evian dont nous venons de fêter les 50 ans. L’histoire est beaucoup plus complexe et on peut dire que cette guerre commence en 1801 lors de la conquête de l’Egypte par Napoléon.

Ce livre est très plaisant à lire et permet de découvrir une période mal connue. La seule chose que je n’ai pas aimé est l’usage de la langue parlée dans certains chapitres.  Mais en dehors de cela ce livre est un tout grand coup de coeur.

 

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Lotus 7 femmes contre Edimbourg, d’Ely M. Liebow

Un commentaire Add your own

  • 1. Adrien  |  31 mai 2012 à 13 h 13 min

    Super roman ! Je viens de le finir, et je vais le RE lire ! Trop beau.

    Répondre

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