Robert Doisneau, pêcheur d’images, de Quentin Bajac

18 juin 2012 at 5 h 41 min 1 commentaire

Comme moi, vous faites peut être partie du demi million de personnes qui ont acheté à un moment ou à un autre le poster du fameux baiser de l’Hôtel de ville, ou des 250.00 personnes qui ont lu le livre publiés avec Daniel Pennac, Les doigts tachés d’encre. Donc quand j’ai eu l’occasion de lire ce nouveau numéro de la collection Découvertes Gallimard consacré à Robert Doisneau, je ne me suis pas fait prier.

Ce livre retrace la vie et l’oeuvre de Robert Doisneau (1912-1994) que l’on a trop tendance à réduire à ses photos les plus connues, celles de la période de l’immédiat après-guerre. Il est né à Gentilly, en banlieue parisienne dans une famille de la petite bourgeoisie. Il perd sa mère à l’âge de 9 ans et montre peu de goût pour les études. Il commence en 1925 une formation de graveur lithographe, un métier en voie de disparition à ce moment-là.

Après sa formation il est engagé par une société pharmaceutique comme publicitaire. C’est là qu’il s’initie à la photographie car la gravure lithographique tombe de plus en plus en désuétude. Et c’est le début d’une longue carrière de photographe-illustrateur.

Au fil du temps, il travaillera pour différentes agences, revues ou commanditaires, mais ce qu’on ignore, c’est que la très grande majorité de ses clichés relève de commandes alimentaires qui lui pesaient. Il consacre du temps à côté de son travail à son oeuvre créative, celle que tout le monde connaît aujourd’hui.

Ses sujets favoris sont Paris, la banlieue et leurs habitants. Il connaît une grande célébrité dans les années 1945-1958. Il photographie une France nostalgique. S’il en est le membre le plus connu, Doisneau n’est pas le seul à s’inscrire dans le courant de la photographie humaniste. Ce courant marqué par une certaine nostalgie connaît une traversée du désert des années 1960 à 1975. Durant cette période-là on s’intéresse avant tout au monde moderne. et aux progrès de l’industrialisation.

Depuis le milieu des années 1970, face au premier choc pétrolier et la crise qu’il entraîne, on retrouve du goût pour une France d’avant. Doisneau redevient un artiste à la mode, c’est à ce moment que ces clichés aujourd’hui très célèbres sont déclinés en divers produits dérivés qui connaissent un immense succès jamais démenti depuis près de 40 ans.

Doisneau a beaucoup photographié des personnes, mais le plus souvent il ne s’agit pas d’instantanés ou de photos volées, mais de photos rejouées par des figurants rémunérés d’après des scènes de rue observées en vrai. Ainsi du fameux baiser de l’Hôtel de ville (des élèves comédiens) ou du triporteur (des figurants, car les vrais personnages étaient un livreur et la fille de sa patronne et ils n’ont pas voulu être photographiés par peur des représailles maternelles).

Ce petit livre est très richement illustré sur papier glacé. Il fera très plaisir à tous ceux qui aimeraient mieux connaître ce photographe.

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Un commentaire Add your own

  • 1. claude  |  18 juin 2012 à 15 h 07 min

    effectivement la dernière photo me dit quelque chose ! lol
    mais bien entendu je n’ai jamais rien lu à son sujet.
    bon je vais essayer de faire un porte clé avant de venir chez toi !
    à tout à l’heure. bisous

    Répondre

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