Tijuana Straits, de Kem Nunn

3 juillet 2012 at 5 h 48 min Laisser un commentaire

Sam Fahey est un ancien surfeur et ex-taulard qui complète les maigres revenus de sa ferme vermicole en participant à de petites missions de protection de l’environnement. C’est ainsi qu’en chassant une meute de chiens sauvages et dangereux, il tombe sur Magdalena, une femme blessée ans les dunes.  Elle vient du Mexique voisin.

D’habitude, Sam ne s’occupe pas des clandestins échoués sur la plage, mais là,  il sent que cette femme a une histoire différente. Il la recueille et la soigne. Magdalena est une avocate spécialisée dans la défense de l’environnement. Elle se bat contre les grands patrons américains qui abandonnent des usines en ruine et polluent le pays avant de se mettre en faillite. Elle a atterri du côté américain de la frontière en voulant échapper à un mystérieux assassin qui a essayé de la tuer.

Nous suivons aussi la trajectoire d’Armando, l’homme qui poursuit Magdalena. Son parcours est triste et banal, celui d’un jeune paysan qui fuit sa campagne la tête pleine de rêves, mais il ne trouvera qu’amertume et désillusions à Tijuana où il sombrera dans la drogue et la délinquance.

Le destin de ces trois personnages va se télescoper tragiquement en Californie, à la frontière du Mexique.

Le magazine Lire considère ce livre comme le meilleur polar étranger de l’année 2011, mais je ne le classe pas parmi les polars. Il y a certes un criminel qui poursuit l’héroïne, mais cet aspect est secondaire. Pour moi l’intérêt du roman se situe dans la critique sociale et environnementale  de l’exploitation que les industriels américains font des pays émergents où ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent impunément. Armando n’est que le produit dérivé de ces excès, d’abord victime avant ‘être coupable.

La relation entre Sam et Magdalena est l’autre centre du livre.  On ne peut qu’être touché de l’évolution de Sam. Les personnages sont très fouillés. La question du sens de la vie est débattu entre les différents protagonistes. Je me suis plus senti dans un roman philosophique que dans un polar.

Le style de l’auteur est à la fois très lyrique et hyperréaliste, ce qui n’est pas sans rappeler  Jim Harrisson. Ce roman est très dense et demande un certain effort. C’est un livre qui fait réfléchir, et pas un polar qui vous embarque.C’est une sorte de poème épique moderne qui raconte l’histoire d’un paumé sur le chemin de la rédemption, un très beau livre que je vous recommande chaleureusement. Une lecture exigeante, mais qui récompense largement les efforts du lecteur.

 

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