L’île, d’Eugène Dabit

18 août 2012 at 5 h 51 min Laisser un commentaire

Vous retrouvez cette chronique et bien d’autres ici.

Il s’agit d’un recueil de nouvelles paru en 1934 et que Gallimard a eu l’excellente idée de rééditer. C’est un très beau texte et j’espère que cette réédition contribuera à le faire sortir d’un oubli qu’il ne mérite. Le livre contient trois nouvelles qui nous font découvrir la vie des pêcheurs sur l’île de Minorque au début des années 1930.  Comme l’indique le titre de l’ouvrage, Minorque n’est pas seulement un lieu géographique, mais aussi un personnage important, voire le plus important de ces nouvelles. Toutefois les noms de lieu sont francisés, donc difficiles à identifier sur une carte de l’île.

Les compagnons de l’Andromède:  Un dimanche d’automne, un bateau mystérieux accoste dans le port de Ferreal. Jamais les habitants n’en ont vu de si grands et si beaux.  Le vieux Quintana, un homme riche, monte à son bord, ce qui renforce encore le mystère. Finalement il s’agit d’un vieux cargo à détruire. Une dizaine de pêcheurs s’y attellent sous la férule de Palau, un contremaître aigri et méchant, mais la camaraderie aura le dernier mot.

Un matin de pêche: Sébastien, patron pêcheur part un matin à l’aube avec deux compagnons, Ferrer et Claudio. Le drame survient, arriveront-ils à rentrer assez vite pour sauver Claudio?

Les deux Marie: Arguimbau est cordonnier, mais la crise frappe durement l’île et il a perdu son travail.  Son oncle Garcia est patron pêcheur et l’engage dans son équipe. Les débuts sont difficiles, sa jeune épouse Anita le soutient en espérant que ce ne sera qu’une mauvaise passe et que bientôt il retrouvera un emploi de fabricant de chaussures, lui qui rêvait de se mettre à son compte. On suit la transformation d’Arguimbau le cordonnier en pêcheur durant une année.

Les trois nouvelles sont liées et on évoque les personnages d’une nouvelle dans une autre. Ainsi Pépé Anton est un personnage central du petit port de Ferreal. Les personnages sont touchants et attachants, ils sont pauvres mais surtout liés par une grande camaraderie et une solidarité sans faille. Toutes les nouvelles se terminent bien et on sent que Dabit a édulcoré la dure vie des pêcheurs et des pauvres dans son récit. Il nous présente un monde idéal de solidarité et d’amitié où les gentils triomphent toujours des méchants et des cupides.  Il y a toute une réflexion sur l’identité insulaire qui est très intéressante.

Malgré ces lunettes roses, ce livre est très agréable à lire et nous ouvre les portes d’un monde aujourd’hui disparu, même si dans la réalité il devait être bien plus dur que ce que le texte en dit. C’est un voyage dans le temps très dépaysant.

 

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