En Sibérie, de Colin Thubron

2 octobre 2012 at 16 h 17 min 1 commentaire

Vous retrouverez cette chronique et bien d’autres ici.

Colin Thubron nous fait partager un voyage fantastique dans ce pays immense que l’on connaît si peu. Avant la chute de l’URSS, cette vaste contrée était interdite aux étrangers et dans notre imaginaire, les mots que l’on accole à Sibérie sont le grand froid et le goulag mais cet écrivain voyageur va nous faire découvrir bien plus sur ce vaste territoire, pas si désert que cela.

Le voyage commence à Iekaterinbourg, là où le dernier tsar et sa famille ont été fusillés pour s’achever aux confins de la Kolyma, qui fut un vaste camp de concentration. L’auteur est le premier étranger à pouvoir se promener librement à travers la Sibérie et il est fasciné par cette vaste étendue glacée qui couvre près du tiers de l’hémisphère nord. La nature est grandiose, les paysages magnifiques.

Thubron énumère différents lieux qu’il visite et nous raconte leur histoire. Ce livre est plein de références à l’histoire russe et à son histoire littéraire qui nous font découvrir ce pays que nous connaissons peu. L’auteur rencontre aussi des personnages étonnants, comme ce chasseur de rennes qu’il accompagne dans la taïga, il nous parle de deux princesses qui choisirent de suivre leur mari exilés par le tsar. Nous rencontrerons aussi un descendant de Raspoutine, un archéologue oublié de tous, le gardien d’un musée totalement vide qui attend en vain son salaire ou encore des vieux croyants ermites dans la taïga.

L’auteur connaît bien la région et témoigne d’une vive empathie pour ses habitants qu’il interroge avec chaleur, ce qui nous permet de faire connaissance avec ces personnes à l’avenir incertain. Il n’en est pas à son premier voyage sous ces cieux et constate avec amertume que la corruption et la misère sont omniprésentes. La crise est passée par là et la mafia a hérité du pouvoir autrefois exercé par le KGB, mais surtout la pauvreté du peuple est très grande. Les Sibériens sont certes des hommes libres, mais de quelle liberté s’agit-il quand on sait qu’autrefois les prisonniers mangeaient mieux que les citoyens libres d’aujourd’hui! Les personnes rencontrées sont très marquées par le communisme. Il faut dire que si ce livre n’a été traduit qu’en 2010 dans notre langue, le voyage de Thubron s’est déroulé moins de dix ans après la chute du Mur. Il parle aussi de l’alcoolisme qui est un problème chronique en Russie. Il nous montre un pays dévasté, mais en nous disant bien que ce n’est pas la nature, mais l’Homme qui a fait de la Sibérie un enfer.

Ce livre est aussi un voyage dans le passé et dans la culture de ces régions, notamment quand il nous parle des Scythes.

C’est un très beau et très riche livre que je vous recommande chaleureusement de découvrir, vous ne serez pas déçus, ce n’est pas par hasard qu’il a reçu le prix Nicolas Bouvier en 2010.

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Un commentaire Add your own

  • 1. claude  |  2 octobre 2012 à 18 h 28 min

    eh bien comme tu le décris ça donne envie de le lire. pas d’y aller car rien que d’y penser j’ai déjà froid ! lol
    bonne soirée et gros bisous

    Répondre

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