Home, de Toni Morrison

13 décembre 2012 at 23 h 47 min 3 commentaires

Vous pouvez retrouver cette chronique et beaucoup d’autres ici.

Voici un petit livre dont j’avais lu des critiques très flatteuses et que j’avais hâte de découvrir. Il nous parle de l’Amérique des années 1950.

Frank Money, un jeune vétéran noir de la guerre de Corée s’échappe d’un hôpital psychiatrique et traverse les USA pour porter secours à sa soeur Cee en Géorgie. A l’armée il a eu enfin l’impression d’appartenir à la nation, mais à son retour il voit que le pays n’a pas changé et que la ségrégation raciale est toujours la règle. Il pensait que les choses seraient plus faciles dans le nord, mais il déchante vite.

Ce court roman de 150 pages raconte sa traversée des USA, qui est un mélange d’humiliations et d’espoirs. Un révérend blanc l’aide mais avec mépris, les Noirs rencontrés à Chicago lui enlèvent ses illusions sur le nord. Il arrivera juste à temps pour sauver sa soeur des griffes d’un médecin blanc qui l’utilisait comme cobaye.  Ce voyage vers le sud est surtout un voyage vers lui-même et vers ses racines. A la fin il pourra enfin partager un secret trop lourd qui l’écrasait et comprendre une scène vécue dans son enfance et sur laquelle le livre s’ouvre.

Le texte alterne les chapitres en italique où Frank est le narrateur et nous raconte ses souvenirs d’enfance, de guerre ou de son retour au pays; et les chapitres en caractères normaux qui racontent à la troisième personne l’histoire des différents personnages (Frank, ses parents, ses grands-parents, Lilly son ex-amie, sa soeur Cee).

Les thématiques principales sont les traumatismes liés à la guerre – et l’on remarque que ce sont les mêmes que l’on retrouvera vingt ans plus tard lord de la guerre du Vietnam – la pauvreté et le racisme. Les Noirs sont victimes d’exactions terribles dans le sud des USA dans les années 1930 quand Frank était enfant.

J’ai lu que ce livre est le plus abouti de Toni Morrison, dont j’ai beaucoup entendu parler, mais que je n’avais pas encore lu. Donc je m’attendais à un chef d’oeuvre. J’ai eu beaucoup de plaisir à le lire, mais pas autant que prévu. Quelque chose me dérange sans que je puisse vraiment le définir. Je trouve que les personnages sont finalement peu attachants, leurs malheurs, portant grands, ne me touchent pas beaucoup.  Il leur manque une dimension humaine, ils sont plutôt plats et sans relief.

Ce livre est très agréable à lire et très intéressant d’un point de vue historique, mais comme les personnages manquent de profondeur, j’ai tendance à les  oublier très vite. Ce livre va très rapidement se perdre dans le brouillard de mes nombreux souvenirs de lectures et ne me laissera pas une empreinte spécifique, ce n’est pas vraiment ce que j’attendais d’un livre supposé être un chef d’oeuvre.

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Tadjoura II Turbulences, les Réformés en crise, de Pierre Glardon et Eric Fuchs

3 commentaires Add your own

  • 1. Natiora  |  14 décembre 2012 à 10 h 34 min

    Je suis d’accord avec toi, j’ai aimé, mais ce roman ne m’a pas transportée autant que j’aurais souhaité.

    Répondre
  • 2. michele  |  14 décembre 2012 à 10 h 50 min

    Bonjour Fée verte,

    Toni Morrisson est une personnalité très attachante, formidable à écouter et voir en conférence.
    Mais elle semble être à présent comme une icône qu’il faut absolument préserver et admirer notamment en France où elle déchaine les passions.

    J’ai également été très déçue et comme flouée après la lecture de cet ouvrage que je ne peux pas considérer comme l’oeuvre la plus aboutie de Toni Morrisson.

    Il y manque l’épaisseur et la noirceur qui caractérise son oeuvre. Le plus abouti mais aussi le plus désespérant de ses romans reste pour moi « Beloved ».

    Il semble que « Home » soit plus optimiste mais du coup, on reste vraiment au bord du chemin à regarder les personnages vivre des situations qui semblent plates alors qu’elles sont pourtant terribles.

    Peut-être que Toni Morrisson sait mieux décrire la désespérance des noirs américains tout au long de leur histoire. Je pense personnellement que la perte de son fils a réellement modifié son écriture.

    Peut-on continuer à décrire si bien la souffrance d’autrui quand soi même on vit avec cette horreur qui est de survivre à ses enfants?

    J’aime beaucoup venir lire vos critiques de romans toujours justes et sincères.

    Répondre
    • 3. Zsa Zsa  |  14 décembre 2012 à 19 h 40 min

      Je n’ai lu que « Beloved », mais j’ai été soufflée, littéralement.Je ne sais pour ce Home, mais « Beloved » est un chef d’oeuvre à mon sens, impressionant.J’en avais parlé sur Menthe Réglisse à l’époque. des gros bisous ma Pat, et toujours un grand merci pour ces partages!

      Répondre

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