Héritage, d’Anna Shevchenko

7 janvier 2013 at 6 h 25 min Laisser un commentaire

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Voici un premier roman qui parait très prometteur. Il surfe sur la vague des thrillers historiques basés sur de vieux documents et nous fait découvrir une légende peu connue en Occident, celle de l’or des Cosaques.

Il y a deux personnages principaux, le premier est Tarass, un lieutenant du KGB désabusé. Il est ukrainien, et dans la nouvelle société russe post URSS c’est un très mauvais point pour faire carrière. Il est historien de formation et travaille aux archives de la police politique. Son travail consiste à examiner les vieilles affaires non classées ou encore sulfureuses et à déterminer quel dossier pourra devenir un dossier public et quel autre devra rester secret. Le critère est le risque de troubles à l’ordre public ou le fait que des témoins gênants seraient encore en vie. Tarass rêve d’intégrer une unité d’élite et s’ennuie mortellement à son bureau. Les affaires qu’il examine suivent la plupart du temps le même schéma, des gens ont été accusés à tort, condamnés injustement par le pouvoir, en particulier sous Staline, mais l’enquête moderne démontre que ce ne sont que des mensonges et que ces personnes étaient innocentes. Tarass n’attend rien de son travail, sauf peut être une occasion de montrer sa valeur et de pouvoir enfin passer à l’action.

Un jour de 2001, pour tromper son ennui, il se met à examiner une pile de dossiers dont le mot clé est OR, il tombe sur diverses affaires qui tiennent visiblement de la légende qu’on peut mettre dans les archives publiques. Tout à coup un dossier attire son attention, c’est celui qui est consacré la famille Poloubotko. Il commence en 1740 et se termine en 1962, consignant plus de deux siècles de surveillance de cette famille par les différentes polices politiques qui se sont succédé en Russie, mais ce qui intrigue le plus Taras, c’est qu’il manque trois documents au dossier et qu’il y retrouve la signature d’un de ses professeurs d’Histoire et de son chef. Il pense tenir enfin l’occasion qu’il cherche et demande à son chef de lui permettre de retrouver les documents manquants, ce qui lui est accordé.

L’héroïne principale du roman est Kate, une jeune avocate anglaise d’origine ukrainienne qui travaille pour un cabinet spécialisé dans les relations avec les pays de l’Est. Son travail ne lui plaît qu’à moitié, mais surtout sa vie de couple part à vau-l’eau et elle oublie ses soucis en faisant la fête. Un jour,  elle doit représenter le cabinet à un colloque sur les investissements en Ukraine. Elle y arrive très en retard et souffre d’une forte migraine due à l’alcool absorbé la nuit précédente. Après la conférence, un jeune homme l’interpelle et lui promet des honoraires fabuleux si elle l’aide à récupérer un vieux testament cosaque qui permettra à l’Ukraine indépendante d’hériter de l’or des Cosaques.  Elle accepte sans bien savoir pourquoi, en grande partie parce qu’elle a eu le coup de foudre pour Andreï.

Désormais, Tarass et Kate, chacun de leur côté,  se mettent en chasse du trésor perdu des Cosaques, ils se croisent, les rebondissements se succèdent, les morts s’empilent.

Les chapitres traitent en alternance de Taras et de Kate, ou des personnages importants mentionnés dans le dossier secret. Nous suivons en particulier Sofia qui vivait à l’époque de Voltaire et Oxana, internée dans les années 1960.

Le roman commence très bien, l’histoire est assez linéaire et claire jusque vers la page 300 (sur 400), elle paraît s’achever à ce moment-là. Arrivée à ce point je me suis demandé ce que l’auteur allait ajouter pour tenir sur les cent pages restantes. Nous assistons à de nouveaux rebondissements qui n’ajoutent pas grand chose à l’histoire et sont moins vraisemblables que le reste. Quant à la conclusion du récit, elle apparaît comme cousue de fil blanc.

Les trois premiers quarts du livres sont plutôt passionnants. On est vraiment pris par cette histoire, mais le dernier quart donne une impression de bâclage, comme si le roman se terminait à la page 300 et qu’Anna Shevchenko brodait tant bien que mal pour écrire encore une centaine de pages. Même si la fin plombe la qualité de ce premier roman, il reste très agréable à lire, même si on est loin du chef d’oeuvre.  Ce livre permet de connaître un peu l’Ukraine et la Russie d’aujourd’hui, des pays méconnus ici. Les violations des droits de l’Homme commises là-bas sont effrayantes et j’ose espérer qu’en ce qui concerne l’état actuel de ces pays, l’auteur exagère.

La thématique est très originale et ce thriller réjouira les amateurs de mystères historiques. Comme chez Steve Berry, une notice finale nous indique les frontières entre Histoire et fiction dans le livre, ce qui est très intéressant.

Héritage

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