Voodoo Land, de Nick Stone

14 avril 2013 at 16 h 18 min Laisser un commentaire

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire

Si vous aimez découvrir de nouveaux chefs d’oeuvre, voici un livre à côté duquel il ne faut pas passer, c’est plus qu’un super polar, c’est l’un des meilleurs, si ce n’est carrément le meilleur que j’aie lu. Venez visiter Miami au début des années 1980 avec Max Mingus.

Nick Stone a écrit une trilogie consacrée à Max Mingus. Ce volume est le deuxième paru mais le premier dans l’ordre chronologique des aventures de ce policier torturé et très attachant. L’intrigue est très complexe, plusieurs enquêtes se télescopent, mais on ne s’y perd jamais. Peu à peu les diverses enquêtes convergent vers une seule affaire, les rebondissements s’enchaînent, il est donc difficile voire impossible de résumer correctement le récit, mais je vais essayer quand même. histoire de vous mettre l’eau à la bouche.

Max Mingus et son coéquipier Joe Liston appartiennent à une unité d’élite de la police de Miami dirigée par Eldon Burns. Ils sont envoyés récupérer un cadavre dans un parc zoologique, dans l’enclos des singes en attendant que le commissariat du district reprenne l’affaire. Le corps a les lèvres suturées  et tous les poils rasés. Ils sont très vite déchargés de cette affaire annexe et retrouvent les affaires de drogue sur lesquelles ils travaillent d’habitude.  Leur patron veut démanteler la filière colombienne qui fait crouler Miami sous la cocaïne et tous les moyens sont bons pour atteindre son but. Ils ont trouvé un homme pour témoigner contre un gros trafiquant  et l’affaire se présente bien. Seulement au moment du procès, un spectateur abat le trafiquant en plein tribunal avant d’être lui-même tué par la police. Le tueur a les lèvres cousues et on retrouve dans son estomac une carte de tarot. Mingus fait le lien avec l’affaire du zoo et veut enquêter, mais son patron s’y oppose car il a trouvé un coupable idéal à qui faire porter le chapeau.  Constatant la dangerosité de l’assassin du zoo et du tribunal, Mingus et Liston se lancent dans une enquête parallèle qui les emmène dans le monde des immigrés haïtiens et du vaudou, ce qui garantit des émotions fortes aux lecteurs.

Le récit est plein de rebondissements, très bien ficelé et contient une pointe de fantastique très agréable qui rappelle John Connolly , mais malgré tous ces points très positifs sa principale force vient de sa noirceur. C’est vraiment un pur roman noir qui vaut les meilleurs du genre. On est à des années-lumières du Miami glamour et plutôt beau des Experts et d’Horatio Caine. Le Miami de Nick Stone n’attire même plus les touristes, il est sombre, les maisons sont délabrées et presque en ruine, les parcs ne sont plus que des terrains vagues mal entretenus, quant à la plage, c’est le domaine des junkies et de leurs dealers. La ville étouffe sous les tonnes de drogues diverses importées depuis l’Amérique Latine. Quant à la police, il ne s’agit pas vraiment de super héros justiciers, mais d’une milice paramilitaire entièrement corrompue et raciste. Eldon Burns est une pourriture de premier plan aux ordres de la Fée Scato, un mystérieux homme politique encore plus corrompu que tout le monde et qui gère la ville ainsi que la Floride de façon à s’enrichir. En réalité ces deux hommes ne combattent pas le trafic de drogue, mais l’organise à leur profit personnel, le travail officiel de la police d’élite consiste à fabriquer de fausses preuves pour accuser ceux que les politiques ont désignés, en laissant les vrais coupables tranquilles.

Joe Liston, policier noir et intègre est mis à rude épreuve dans ce corps de police raciste et corrompu, mais il désire réussir professionnellement, ce qui n’est pas simple. Max Mingus est un policier torturé et attachant. Il croit à la justice et n’hésite pas à la rendre selon  ses propres règles s’il l’estime nécessaire. Il est lié à Burns depuis son enfance et est vraiment écartelé entre la justice et la fidélité. Il rencontre l’amour et la lumière semble momentanément l’emporter dans sa vie. J’ai eu la curiosité d’aller voir les critiques des deux autres volumes de la trilogie et il semble que la nuit va le rappeler sous peu.

Ce polar est une petite merveille que je vous recommande chaleureusement. Il est assez long à lire,près de sept cents pages en caractères plutôt petits, mais on ne s’y ennuie pas une seule seconde. Et les rebondissements de l’intrigue ne sont jamais cousus de fil blanc. Un gros pavé de pur délice.

Voodoo land

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La guerre des vanités, de Marin Ledun Terre des rêves, de Vidar Sundstol

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