Marée noire, de Attica Locke

16 mai 2013 at 8 h 26 min Laisser un commentaire

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’imaginaire.

Il s’agit d’un premier roman roman très réussi qui nous fait voyager dans le Texas des années 1970-1980. Jay Porter est avocat à Houston, mais il ne faut pas s’imaginer un riche avocat qui brasse les dollars par millions. Il est au contraire un avocat noir qui tire le diable par la queue, il a un petit bureau dans un centre commercial et la majeure partie de sa clientèle n’est pas solvable ou du moins très pauvre. Pour l’anniversaire de sa femme il organise une petite croisière dans un bayou. Mais la malchance le poursuit, le diner romantique est interrompu par des coups de feu tirés sur la rive et une jeune femme blanche poursuivie se jette à l’eau. Jay plonge pour la sauver et la conduit devant le commissariat de la ville. Le Klu Klux Klan n’est pas tout à fait mort, l’égalité entre Noirs et Blancs n’est pas encore une réalité, par conséquent il n’est pas prudent pour un Noir d’être vu en compagnie d’une Blanche victime  d’une agression.

Cette affaire replonge Jay dans son passé de militant radical des droits civiques dans les années 1960 et 70, il a connu la prison et il a assisté à de nombreuses exactions policières, ce qui lui a laissé une peur panique de la police. Il faut dire qu’en ce temps là, le FBI fonctionnait comme une police politique et ses snippers n’hésitaient pas à régler les problèmes à leur manière. Jay se trouve plongé dans ces souvenirs et son passé nous est raconté par bribes tout au long du livre.

Dans le même temps, son beau-père, pasteur, lui demande de soutenir les dockers noirs syndiqués, et en particulier l’un d’eux qui a été passé à tabac. Une grève est à l’ordre du jour, mais la maire noire de la ville ainsi que les syndicats blancs veulent absolument l’éviter. Jay connaît bien la maire de Houston qui a aussi été une militante radicale des droits civiques, mais qui a peut être trahi la cause. Quant au syndicat, il n’est pas uni, c’est plutôt un instrument des Blancs pour asseoir leur domination et l’inégalité de fait qui règne entre les dockers.

Ce thriller passionnant conjugue deux histoires, celles des années 1960- 70, marquées par le boum pétrolier de la région et surtout par la lutte plus ou moins pacifique pour les droits civiques. Et au début des années 1980, les injustices sont toujours criantes, la grève des dockers perturbent gravement l’économie de la ville complètement dépendante du pétrole. Surtout Jay va mettre au jour un complot impliquant le principal groupe pétrolier de la région.

Ce livre est remarquable, surtout pour un premier roman, mais le lecteur est parfois un peu perdu. En voulant dresser un tableau exhaustif de la situation de ces vingt années de la vie du Texas, à force de détails, on a parfois l’impression de perdre le fil de l’histoire. Toutefois ces défauts de jeunesse n’enlève rien au plaisir de lire cet excellent thriller qui nous permet de visiter un aspects des Etats Unis que l’on ne connaît pas très bien.

Marée noire

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