Le quadrille des Maudits, de Guillaume Prévost

21 juin 2013 at 6 h 35 min Laisser un commentaire

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire.

C’est avec un immense plaisir que j’ai retrouvé l’inspecteur Fraçois-Claudius Simon pour le troisième volet de ses aventures. J’avais déjà beaucoup aimé Le bal de l’équarisseur, mais l’écriture de Guillaume Prévost s’est encore enrichie et son personnage principal prend de plus en plus d’ampleur et de profondeur.  Quelle joie de retrouver ce Paris oublié des années folles, mais qui vit dans un coin de notre tête grâce au cinéma et aux feuilletons comme les célèbres Brigades du Tigre. Et de cinéma, il va justement en être question tout au long de ce superbe polar historique situé à Paris en 1919.

Une jeune fille est égorgée à l’Olympic Palace, en plein film. Il s’agit d’une jeune secrétaire sans histoire et la police n’a pas un début de piste. Le directeur du cinéma dit avoir été menacé par son voisin, le directeur du Gai-spectacle qui l’accuse d’avoir causé la faillite de sa propre salle et qui désire se venger. François et ses collègues s’aperçoivent vite que le propriétaire du Gai -spectacle est un pauvre homme, ruiné et tombé dans l’alcoolisme, il n’est pour rien dans ce meurtre. Quelques jours après, une autre jeune femme est poignardée au cinéma Récamier, aussi en plein film. Les seuls points communs entre les victimes est leur blondeur et le fait que les agressions se sont déroulées durant la projection du feuilleton policier Les Maudits, qui attire des foules considérables dans les cinémas.

François s’intéresse donc à ce fameux feuilleton et par ricochet au producteur Gustave Valfandier et aux acteurs du film. Les rebondissements et les meurtres se multiplient tandis que l’enquête piétine. Par ailleurs, le lecteur suit les aléas de la vie privée de l’inspecteur ainsi que d’un de ses collègues. Le supérieur de l’orphelinat dans lequel François a passé son enfance meurt et laisse un paquet à son intention. Il retourne aussi voir sa mère qu’il n’a pas revue depuis plus de huit ans et l’on devine sans peine qu’il y aura une suite dans un prochain volet.

L’enquête progresse lentement, le suspense est très bien préservé jusqu’à la fin et la scène finale n’aurait pas fait rougir Agatha Christie. On est entièrement pris dans le charme suranné de cette enquête qui restitue très bien le Paris de 1919. La plongée dans le monde du cinéma muet est particulièrement intéressante, tout comme les premiers essais de cinéma parlant. On se rend mieux compte à quel point ce qui nous paraît aujourd’hui tout à fait banal et normal a autrefois relevé d’un véritable exploit technologique. J’ai aussi beaucoup aimé la description des magnifiques cinéma de l’époque, immenses et décorées comme des temples grecs, qui attiraient plusieurs milliers de spectateurs à la fois. C’est vraiment une plongée dans un autre monde.

Un superbe polar à ne pas manquer.

Le quadrille des maudits

Entry filed under: Lectures. Tags: .

A travers temps, de Robert Charles Wilson Le brahmane et le pot de farine, contes édifiants du pancatantra

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Hellocoton

Suivez-moi sur Hellocoton
Retrouvez Pat0212 sur Hellocoton

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 24 autres abonnés


%d blogueurs aiment cette page :