Les chaussures italiennes, de Henning Mankell

29 juin 2013 at 6 h 22 min Laisser un commentaire

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire.

J’ai commandé ce livre sans me renseigner sur son sujet et j’étais sûre qu’il s’agissait d’une enquête du commissaire Kurt Wallander. Mais ce n’est pas du tout un polar, toutefois il s’agit d’un tout grand roman et la surprise a été excellente. J’ai beaucoup aimé ce voyage en Suède  auquel nous convie Mankell.

Fredrik Welin est un chirurgien qui a mis un terme à sa carrière douze ans plus tôt après une erreur professionnelle. Il s’est retiré sur une île isolée de la Baltique, dans la maison qui fut autrefois celle de ses grands-parents. Il est misanthrope, rongé de remords et vit seul sur son île avec son vieux chien, son vieux chat et une fourmilière qu’il a laissé se développer dans la maison. Il ne fait pratiquement rien, hormis un bain quotidien dans l’eau glacée et la rédaction de son journal où il note la météo et les animaux observés. A soixante-six ans, il n’attend plus rien de la vie et ne voit personne hormis le facteur qui passe trois par semaine. C’est un hypocondriaque qui aime parler de ses soucis à Fredrik. D’une certaine façon ce dernier est un mort-vivant.

Et un beau matin surgit Harriet, une dame âgée avec son déambulateur, il la reconnaît tout de suite, c’est la femme qu’il a aimée quarante ans plus tôt et qu’il a abandonnée sans aucune explication pour aller faire un stage aux Etats-Unis. Il s’attend à ce qu’elle vienne régler ses comptes avec lui, mais elle lui apprend qu’elle a un cancer incurable et que son dernier souhait est d’aller voir un lac de montagne tous les deux ensemble comme il le lui avait promis des années auparavant.

Nous partageons ainsi  une année de la vie de ces deux personnes dont une n’espère plus rien de la vie et l’autre aimerait transmettre un peu d’espoir à son amoureux d’autrefois.  C’est un récit très touchant, mais pas fleur bleu du tout. La nature et le paysage sont des personnages à part entière et l’on n’a qu’une envie, s’acheter un billet d’avion pour la Suède pour découvrir cette nature âpre et belle. On rencontre d’autres personnages, également cabossés par la vie, rongés par les regrets ou la colère et dans lesquels on peut reconnaître des parts cachées de nous-même.

C’est un récit poignant, d’une grande humanité, qui offre une très belle réflexion sur les questions existentielles: le sens de la vie, les regrets, la vieillesse et la mort mais aussi l’amour,  le pardon et la tolérance qui permettent de repartir. Harriet offre un merveilleux cadeau à Fredrik et ce récit hantera longtemps le coeur des lecteurs.

Les chaussures italiennes

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