Not fade away, de Jim Dodge

11 juillet 2013 at 7 h 35 min Laisser un commentaire

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire.

Un livre étrange qui nous fait voyager dans l’Amérique des années cinquante et soixante, à l’époque où ce pays faisait encore rêver tout le monde, bien loin de l’Amérique d’aujourd’hui, de Guantanamo à l’espionnite aiguë. Pour une raison bizarre, ce pays, à cette époque m’a toujours fait rêver aussi, même si je n’ai guère de sympathie pour ce qu’il est devenu. J’ignore pourquoi ce rêve m’habite, il a sans doute été nourri par le cinéma et la littérature. J’étais enchantée de m’embarquer pour ce voyage en compagnie du Fantôme, même si je suis perplexe à l’arrivée.

Au début du roman, à une époque indéterminée, le narrateur, dont on ne saura jamais le nom, est grippé et fauché. Il se lève quand même pour se rendre dans la ville voisine et y effectuer une livraison de bois. En route. il a un accident et appelle son garage pour qu’on lui envoie la dépanneuse. Surgit alors le Fantôme, George Gastin qui le prend en charge. Il lui offre de la codéine, ce qui n’arrange évidemment pas l’état de conscience du narrateur et l’emmène dans la ville voisine à toute allure.  il ne lui demande aucun dédommagement pour son dépannage, si ce n’est de l’écouter raconter son histoire.

George est né à la fin des années trente, son père était chauffeur routier et lui a transmis sa passion. Il devient aussi routier, consomme trop d’amphétamines, à une époque où elles étaient encore en vente libre. Il perd son permis suite à ses trop nombreux excès de vitesse et finit par s’installer au nord de San Francisco en 1957. George raconte en détail la période folle de l’épopée de la Beat Generation. Il est dépanneur et vit pleinement les joies et les peines de l’époque. Il se lance aussi dans des magouilles de fraude à l’assurance avec un ami de son patron. Il doit rendre inutilisables des voitures neuves volées  pour que le « propriétaire » touche la prime d’assurance.

En 1965,  son patron lui demande de démolir une Cadillac toute neuve dont un de ses clients a hérité. Sa tante l’avait achetée pour l’offrir au Big Bopper, une star du rock disparue dans un crash en 1959 avec deux autres chanteurs. George est outré de la rapacité du neveu et décide d’aller déposer la voiture sur la tombe de l’artiste comme offrande. Commence alors un voyage de folie à travers le pays, marqué par la drogue et des rencontres improbables.

J’ai beaucoup aimé ce voyage déjanté et les personnages truculents rencontrés par George dans son périple. C’est tout une Amérique mythique qui revit dans ce livre, on s’attend à se retrouver au Bagdad Café ou à croiser Robert Kincaid et Francesca près du pont couvert, les héros bouleversants de Sur la route de Madison. Bref tout ce qu’il faut pour entretenir sa nostalgie d’un monde disparu à jamais. L’assassinat de Kennedy coupe la période en deux et plus rien n’est comme avant pour la génération de George dès lors. Par contre ce que je n’ai pas aimé dans ce livre, c’est l’emploi fréquent de l’argot et l’usage répété de la langue parlée. Quant aux longs discours sur la vie et l’ordre des choses que tient George sous l’effet de la drogue, je les ai justement trouvés trop longs et souvent inintéressants. Ce sont les deux points faibles du roman à mon sens, il y a des passages vraiment longs et lassants, mais dans l’ensemble ce livre est une belle découverte qui ravira tous les nostalgiques d’une Amérique disparue, ou peut-être qui n’a jamais existé qu’au cinéma, dans les chansons et la littérature, mais c’est celle que j’aime. Un grand moment de nostalgie, même si je ne suis pas entièrement enchantée.

Not fade away

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