Le maître des orphelins, de Jean Zimmerman

15 juillet 2013 at 6 h 16 min Laisser un commentaire

Chronique réalisée pour les Chroniques de l’Imaginaire.

Ce roman est présenté comme un thriller historique ce qui avait attiré mon attention, étant très friande du genre. Il s’agit du premier roman d’une historienne américaine.

Edward Drummont, un espion anglais débarque à la Nouvelle Amsterdam en 1663. Il est chargé par le roi Charles II de débusquer trois juges régicides qui avaient autrefois signé l’arrêt de mort de son père et qui se cachent à ce moment en Nouvelle Angleterre. Il doit aussi envoyé un rapport sur l’état des forces de la Nouvelle Amsterdam, car les Anglais n’ont pas l’intention d’accepter plus longtemps cette colonie hollandaise dans leur territoire américain. Edward se présente sous la couverture d’un marchand de céréales.

Blandine Van Couvering est une jeune marchande de vingt deux ans qui désire se faire une place parmi les négociants hollandais. Elle est ambitieuse, jolie, indépendante et courtisée par Kees Bayard le neveu du Gouverneur. En plus de ces qualités, Blandine s’intéresse aux autres, en particulier aux pauvres comme ses amies noires ou aux orphelins. Elle a aussi autrefois sauvé un noir de la potence et depuis il se considère comme son garde du corps. Des enfants de la communauté noire ont disparu, ce qui n’inquiète personne sauf les intéressés et Blandine, d’autres orphelins semblent portés disparus, une rumeur court qu’ils auraient été dévoré par le Vitika, un démon indien cannibale. Blandine en parle à Aert Visser, le maître des orphelins de la colonie.

Dès son arrivée, Edward remarque la jolie Blandine, Visser lui demande de prendre contact avec une famille anglaise à qui il a confié un orphelin, mais ce dernier semble avoir changé de comportement et Visser soupçonne que l’enfant a été échangé, ce que la famille nie. Le commerce de Blandine se développe, ce qui entraîne des jalousies. Son intérêt pour les enfants marginaux lui vaut de terribles rumeurs tandis qu’Edward continue ses activités d’espion. Le Vitika continue à tuer des orphelins et l’enquête progresse lentement, menée par Blandine et Edward quand ils en ont le temps. Divers rebondissements ont lieu, le plus souvent attendus et il n’y a pas de vraies surprises, ni beaucoup de suspens. On sait qui sont les assassins d’enfants aux deux tiers du livre.

J’attendais beaucoup de ce roman et j’en suis plutôt déçue. L’auteur a voulu utiliser plusieurs genres dans ce livre et ça affadit le tout. La romance entre Blandine et Edward est cousue de fil blanc et dès les premières pages, j’ai compris qu’à un moment ou un autre, la jeune fille allait changer de fiancé. Il s’agit plus d’un roman historique très documenté, voire un document romancé que d’un polar. Jean Zimmerman est spécialiste de cette période et on le voit très clairement dans la précision des descriptions de La Nouvelle Amsterdam, des moeurs et des costumes de l’époque. Elle cite ses sources à la fin et on voit que le texte est basé sur une documentation solide et intéressante. Coté thriller, ce n’est pas très réussi, le suspens n’est pas au rendez-vous et le lecteur a déjà tout compris bien avant les héros, enquêteurs à leurs heures perdues, espions, mais surtout héros de roman historique un peu sentimental. Il y a beaucoup de longueurs et de péripéties inutiles et rocambolesques. Si l’auteur n’avait pas voulu réussir un roman complet avec une enquête sur les meurtres d’enfants, de l’espionnage et un roman d’amour, le tout en restituant scrupuleusement la vie à la Nouvelle Amsterdam en 1663 et 1664, ce livre aurait été plus intéressant. Elle n’a pas maîtrisé son sujet de bout en bout et il en ressort un roman tout à fait moyen. Pas raté,non, mais loin du potentiel qu’il aurait pu avoir s’il avait été condensé sur 350 pages et si l’intrigue ne partait pas dans tous les sens. Je pense que ce projet était trop ambitieux pour un premier roman.

Si l’amateur de thrillers et de polars historiques ne peut qu’être déçu, l’amateur de romans historiques et de documents sur cette époque sera comblé. Pour ma part, c’est cet aspect documentaire précis qui m’a le plus intéressée, nous assistons à la naissance de New York. Et certains noms de rues ou de quartiers de la ville d’aujourd’hui sont expliqués par le livre.

Le maître des orphelins

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Not fade away, de Jim Dodge Les jours étranges de Nostradamus, de Jean-Philippe Depotte

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